Plateforme de collaboration utilisée par de nombreuses entreprises, Slack fait évoluer son positionnement. Avec l’intégration de modèles d’IA avancés propulsés par Anthropic, l’outil de messagerie entend dépasser la simple communication pour centraliser l’accès aux données et applications de l’entreprise.
La compétition s’accélère sur le marché des assistants professionnels. Face à la montée en puissance de Microsoft Copilot, Salesforce déploie la nouvelle version de son assistant Slackbot. Disponible pour les abonnés aux plans Business+ et Enterprise+, cette mise à jour vise à transformer l’usage de la messagerie en y intégrant des capacités d’IA “agentique”, capables d’exécuter des tâches en tenant compte du contexte professionnel.
Une IA contextuelle connectée aux données Slack et Drive
L’un des principaux défis des assistants IA en entreprise est leur capacité à exploiter les données internes sans nécessiter de configurations complexes, une limite souvent rencontrée avec des outils génériques comme ChatGPT (en version grand public). Selon Rob Seaman, directeur produit chez Slack, cette nouvelle version a été conçue pour fonctionner de manière “native”.
Contrairement aux chatbots déconnectés, Slackbot dispose d’accès techniques pour :
- Analyser le contexte : Il prend en compte les fils de discussion (Threads) et les canaux pour situer une demande.
- Lire les documents : Il exploite les fichiers partagés directement sur la plateforme.
- Se connecter aux applications tierces : Il peut interagir avec les données issues de Salesforce, Google Drive, Microsoft OneDrive ou Box, sous réserve que les connecteurs soient activés.
L’objectif affiché par l’éditeur est de réduire le temps passé à rechercher l’information en proposant une réponse contextuelle immédiate.
Les modèles LLM Claude d’Anthropic au cœur de Slackbot
ur le plan technique, Salesforce a confirmé s’appuyer sur les modèles de langage (LLM) Claude, développés par la start-up Anthropic. Parker Harris, cofondateur de Salesforce, a précisé que ce choix n’était pas exclusif et que d’autres modèles étaient testés, mais que Claude avait été retenu pour ce déploiement.
Les modèles d’Anthropic sont généralement sélectionnés en entreprise pour leur fenêtre contextuelle (capacité de traitement de longs volumes de texte) et leur approche axée sur la sécurité (“Constitutional AI”). Ce partenariat permet à Slack d’intégrer une IA générative puissante sans développer son propre modèle fondateur.
Bien que Salesforce continue d’explorer d’autres modèles, cette intégration d’Anthropic permet à Slackbot de se positionner comme une alternative axée sur la confidentialité face à des solutions concurrentes comme Microsoft Copilot.
Cas d’usage et productivité : synthèse, canvas et onboarding
D’après les tests menés en interne par Salesforce sur 25 000 collaborateurs, l’intégration de cet agent viserait à optimiser certaines tâches répétitives.
Les principales fonctionnalités déployées sont :
- La synthèse de flux : L’outil peut résumer les échanges d’un canal ou regrouper des feedbacks dispersés, une tâche souvent chronophage pour les chefs de projet.
- L’organisation : Via la fonction “Canvas”, l’IA peut pré-remplir des documents de suivi ou des ordres du jour de réunion.
- L’aide à l’intégration : L’assistant peut répondre aux questions des nouveaux employés en se basant sur l’historique des conversations publiques de l’entreprise.
Au-delà de ces fonctions d’assistance, Salesforce positionne Slackbot comme un “orchestrateur” s’appuyant sur le standard MCP (Model Context Protocol). L’ambition est de simplifier le flux de travail : plutôt que de naviguer entre plusieurs outils, l’utilisateur adresse sa requête à Slackbot qui se charge de la router de manière transparente vers l’agent spécialisé compétent (Agentforce, Atlassian, Claude Code…).
Cette stratégie vise à maintenir l’utilisateur dans l’interface Slack, évitant ainsi la multiplication des fenêtres et des outils d’IA disparates.
En somme, Salesforce confirme avec cette évolution que la messagerie tend à devenir le nouveau système d’exploitation de l’entreprise. Si la promesse d’une interface unique face à Microsoft Teams est séduisante, le succès de ce virage dépendra désormais de l’adoption réelle par les collaborateurs et de la confiance accordée par les DSI à cette nouvelle tour de contrôle.
Slack s’appuie principalement sur les LLM (Large Language Models) de la famille Claude, développés par Anthropic, partenaire stratégique de Salesforce.
L’assistant est inclus sans surcoût dans les abonnements Business+ (dont le tarif a été ajusté autour de 18€ HT/mois par utilisateur) et Enterprise+. Il ne nécessite plus de module complémentaire payant.
Oui. La plupart des suites collaboratives intègrent désormais des assistants similaires, notamment Microsoft Copilot pour Teams ou Gemini pour Google Workspace, qui proposent des fonctionnalités comparables de résumé et de génération de documents.


