Depuis quelques mois, les initiatives liées à l’intelligence artificielle se multiplient dans le secteur bancaire. D’après le cabinet britannique Evident, les 50 plus grands établissements mondiaux ont vu le nombre de projets IA grimper en flèche : 173 prototypes ou applications étaient recensés en juin 2025, contre seulement 56 six mois plus tôt. Une progression fulgurante qui témoigne d’un intérêt croissant pour l’IA dans la finance et plus largement dans l’industrie bancaire.
Des objectifs IA variés mais une priorité à l’efficacité
Derrière ces projets, les motivations ne sont pas toujours transparentes : plus de 70 % des banques n’ont pas communiqué sur le retour sur investissement de leurs initiatives. Là où des résultats sont disponibles, c’est l’efficacité opérationnelle qui reste le principal moteur. Automatiser des processus, réduire les délais de traitement, fiabiliser certaines analyses : autant de promesses qui séduisent les directions financières. Mais la tendance évolue. De plus en plus de projets cherchent aussi à ouvrir de nouvelles sources de revenus ou à limiter les risques liés aux activités bancaires, preuve que l’IA s’installe dans la stratégie à long terme des établissements.
L’agent IA : encore marginal, mais prometteur
Si l’IA générative est désormais bien installée, l’IA agentique n’en est qu’à ses balbutiements. Seules neuf banques ont franchi le pas avec des agents en test ou déjà en service. Ces systèmes capables d’exécuter des tâches complexes de façon autonome pourraient bouleverser la manière dont les équipes travaillent. Pour l’instant, les établissements avancent prudemment, mais les perspectives sont importantes, notamment pour les métiers de back-office où la charge répétitive reste élevée.
L’expérience client au second plan
Sur les 97 projets intégrant la GenAI, seulement 15 concernent directement la relation client. Ils visent surtout la banque de détail avec des chatbots modernisés ou des services plus personnalisés. Les banques misent encore largement sur l’optimisation interne avant de déployer l’IA à grande échelle auprès du public. Cette stratégie prudente reflète l’importance d’assurer sécurité, conformité et fiabilité avant de transformer en profondeur l’expérience client.
Une tendance IA appelée à s’amplifier
Les prochains mois devraient marquer une nouvelle étape. Selon Evident, les grandes banques s’apprêtent à déployer l’IA générative dans un plus grand nombre de services, de la gestion des risques aux interactions commerciales. L’IA dans la finance n’en est donc qu’au début : elle dessine déjà une industrie bancaire plus agile, capable de concilier performance opérationnelle et nouvelles opportunités de croissance.
En somme, l’intelligence artificielle devient l’un des leviers majeurs de compétitivité pour les banques. Celles qui prennent le train en marche dès aujourd’hui posent les bases d’un avantage durable, tandis que les retardataires risquent de subir la transformation plutôt que de la conduire.