Après avoir affirmé ses ambitions de devenir une véritable “Deeptech”, la Société Générale opère un arbitrage stratégique majeur. En distinguant l’IA générative de productivité et l’IA agentique métier, l’institution financière définit un nouveau standard d’efficacité pour le secteur bancaire.
Il y a quelques jours, nous décryptions le pari de la Société Générale de devenir une Deeptech grâce à l’IA agentique. Aujourd’hui, cette vision franchit une nouvelle étape avec l’adoption d’une stratégie hybride. Plutôt que de s’enferrer dans une course coûteuse pour tout construire en interne, la banque choisit de scinder ses investissements : la commodité d’un côté, et la souveraineté stratégique de l’autre.
La GenAI comme outil de productivité : le choix du pragmatisme
Pour les tâches quotidiennes de bureautique — comme la synthèse de documents, la rédaction d’e-mails ou l’aide à la préparation de présentations — le constat est sans appel. Maintenir un modèle de langage (LLM) “maison” pour ces fonctions s’avère être un gouffre financier sans avantage concurrentiel réel.
En intégrant des solutions de marché comme Microsoft Copilot, la Société Générale s’offre une agilité immédiate. Les collaborateurs disposent d’outils rodés, déjà intégrés à leurs environnements de travail (Outlook, Teams, Excel). Ce choix permet surtout de libérer des ressources serveurs et humaines précieuses, évitant ainsi de mobiliser des ingénieurs sur des mises à jour technologiques qui n’apportent aucune valeur ajoutée spécifique au métier bancaire.
L’IA Agentique : le sanctuaire de la valeur ajoutée
Si la banque délègue la partie “générative” aux géants de la Tech, elle ne renonce en rien à son ADN de bâtisseur. Au contraire, elle concentre désormais 100 % de ses efforts là où la bataille de demain se joue : l’IA agentique.
Contrairement à une IA qui se contente de générer du contenu, l’IA agentique est capable d’agir de manière autonome. C’est ici que la Société Générale conserve ses propres briques technologiques pour :
- Automatiser des processus bancaires complexes : gestion des flux financiers, conformité (KYC) et détection de fraudes sophistiquées.
- Garantir la souveraineté des données : les processus critiques restent dans un environnement maîtrisé, sans dépendance directe vis-à-vis des algorithmes externes pour les décisions sensibles.
- Créer une barrière à l’entrée : un agent capable de piloter un audit interne spécifique à la banque est un actif stratégique qu’aucun concurrent ne peut acheter “sur étagère”.
Ce pivot stratégique est un signal fort envoyé au marché. Il montre que la réussite d’une transformation IA ne réside pas dans la volonté de tout inventer, mais dans la capacité à choisir ses combats. En rationalisant ses coûts sur l’IA de commodité, la Société Générale se donne les moyens de réussir son pari sur l’IA agentique souveraine. C’est une leçon de réalisme : pour être une Deeptech performante en 2026, il faut savoir utiliser les outils des autres pour mieux perfectionner les siens.
L’IA générative (comme Copilot) aide à la création de contenu et au secrétariat. L’IA agentique est un système autonome capable d’exécuter des actions métier complexes, comme valider une transaction ou auditer un dossier de conformité, en interagissant directement avec les systèmes bancaires.
La banque utilise Copilot pour les tâches de productivité générale. Cela permet de réduire les coûts de maintenance informatique et de proposer aux employés des outils de pointe déjà intégrés à leur suite bureautique, sans avoir à les développer en interne.
Pas du tout. Elle réalloue simplement ses ressources. Elle arrête de développer des outils généralistes pour concentrer ses ingénieurs et ses budgets sur l’IA agentique métier, qui représente son véritable avantage stratégique et souverain.


