L’Union européenne franchit un cap décisif avec l’adoption de l’IA Act. Ce règlement, qui entrera en vigueur en 2026, impose un cadre précis à toutes les entreprises utilisant des systèmes d’intelligence artificielle. Pour les PME et ETI françaises, il ne s’agit pas d’une simple mise en conformité : cette législation peut devenir un véritable levier de transformation.
Comprendre les enjeux de l’IA Act européen
Le texte, adopté en 2024, a pour ambition d’encadrer le développement et l’utilisation des technologies d’IA dans l’espace européen. Concrètement, il vise à garantir leur sécurité, leur transparence, leur traçabilité et leur conformité éthique. Si certaines applications d’IA sont désormais interdites, d’autres sont soumises à des obligations très strictes.
Même les entreprises qui n’utilisent l’IA qu’à travers des logiciels tiers sont concernées. Anticiper ces nouvelles règles est donc essentiel, d’autant que les sanctions financières prévues peuvent atteindre jusqu’à 7 % du chiffre d’affaires mondial.
Former ses équipes : un pilier stratégique sous-estimé
L’article 4 du règlement met l’accent sur la formation. Toutes les personnes amenées à interagir avec des systèmes d’IA devront être formées, pas uniquement sensibilisées. Il s’agit de :
- comprendre comment les systèmes fonctionnent,
- savoir en évaluer les résultats,
- détecter les biais potentiels,
- maîtriser les obligations de documentation.
Plutôt qu’une contrainte, cette obligation peut être une formidable opportunité. En développant des compétences internes, les PME et ETI se positionnent comme des acteurs sérieux, fiables et responsables. Certaines entreprises comme Efimove.ai proposent déjà des formats courts, comme des masterclass de deux heures, pour former les équipes aux enjeux concrets de l’IA : pratiques, risques, éthique, sécurité, etc.
Une classification des risques qui structure votre stratégie
Le texte repose sur une logique de hiérarchisation des risques. Selon l’usage qui est fait de l’IA, les exigences réglementaires ne seront pas les mêmes.
- Risque inacceptable : certaines pratiques sont purement interdites, comme les systèmes de notation sociale ou la reconnaissance biométrique à distance dans les lieux publics.
- Risque élevé : le cadre est strict. Cela concerne notamment les systèmes utilisés dans le recrutement, la santé ou les infrastructures critiques. Dans ce cas, les entreprises doivent mettre en place des processus rigoureux de contrôle, de documentation, de suivi et d’intervention humaine.
- Risque limité : les applications doivent faire preuve de transparence, notamment les chatbots ou les outils générant des contenus.
- Risque minimal : les systèmes comme les filtres anti-spam ou les IA embarquées dans les jeux ne sont soumis qu’à des recommandations de bonnes pratiques.
Par où commencer ? Un plan d’action clair pour les entreprises
Les entreprises ont encore du temps, mais ce temps ne doit pas être gaspillé. Voici les premières étapes à envisager :
- Réaliser un état des lieux des systèmes d’IA utilisés, même de manière indirecte.
- Classer ces usages selon le niveau de risque défini par le règlement.
- Identifier les collaborateurs concernés et construire un plan de formation adapté.
- Préparer la documentation technique exigée pour les usages à risque élevé.
- Nommer un référent interne sur la conformité IA.
- Mettre en place une procédure d’évaluation continue.
Se préparer, c’est aussi se démarquer
À l’horizon 2026, les entreprises qui auront su anticiper l’IA Act bénéficieront d’un avantage réel. En formant leurs équipes, en adoptant une posture proactive sur les risques et en renforçant leur transparence, elles envoient un signal fort à leurs clients, partenaires et futurs talents.
Ce texte n’est pas seulement une obligation réglementaire. C’est aussi une occasion unique de structurer une utilisation plus responsable, plus stratégique et plus mature de l’intelligence artificielle dans l’entreprise.